Afin d’éviter une étape dans la circulation, nous décidons de quitter Venise par le train. On prend la direction de Trieste mais des travaux sur la ligne nous obligent à remonter sur nos vélos 30 kilomètres avant le terminus. Nous profitons de nos derniers instants en Italie pour savourer de succulentes lasagnes. En guise de digestion, il nous attend une belle montée sous un soleil de plomb pour sortir de la ville. Nous comprenons rapidement que les prochains jours seront marqués par la chaleur !


Nous atteignons rapidement la frontière slovène et profitons de la zone duty-free pour refaire nos réserves de chocolats que nous devrons maintenant déguster à la petite cuillère ! Nous ferons seulement quelques kilomètres dans ce pays sur une route qui serpente entre champs et forêts. Le soir venu, nous faisons une halte dans une maison pour faire le plein d’eau. En plus de remplir nos bidons, le propriétaire a tenu à nous offrir de l’eau de vie. Assoiffée, Marine manque de s’étouffer en prenant une belle gorgée. Il semble que l’alcool ait une place importante ici, la bière est d’ailleurs souvent moins chère que l’eau.


Nous arrivons en Croatie par la côte, où nous sommes tout de suite marqués par les paysages très arides. Sans plus attendre, direction l’île de Krk (on vous passe la prononciation) qui se trouve être la deuxième plus grande île du pays. Reliée au continent par un pont, cela s’en ressent au niveau de la circulation ! Nous profitons dès le soir même de notre première baignade dans l’Adriatique.



Après un transfert en ferry, nous débarquons sur l’île de Rab. Moins circulée que la précédente, nous rejoignons la péninsule de Suha Punta et partons à la recherche d’une plage pour le campement du soir. Nous posons la tente au bord de l’eau et profitons de cette plage rien que pour nous, avant que deux motards autrichiens nous rejoignent. Le lendemain, nous suivons un itinéraire vélo sur une piste ombragée par des forêts de pins, fort agréable. Nous découvrons de magnifiques points de vue et de superbes criques où l’eau turquoise invite à la baignade.












En fin de journée, nous nous dirigeons vers le port pour embarquer en direction de l’île de Pag. Malheureusement, les vélos sont interdits dans le bateau. Tant pis, nous faisons demi-tour pour aller nous baigner avant de passer une nouvelle nuit au bord de l’eau.




Nous avons un bateau le lendemain midi, bien plus petit que celui de la veille et qui cette fois-ci accepte les vélos. Nous serons d’ailleurs 6 passagers et que des cyclistes ! Toujours aussi arides, les paysages sont assez différents sur l’île de Pag. Ici on pédale au milieu des oliviers bordés de murets en pierres sèches avec bien évidemment la mer en toile de fond. C’est splendide !













Nous ne perdons pas les bonnes veilles habitudes des pauses gourmandes, même si les glaces en Croatie n’ont pas la même saveur que leurs voisines italiennes, avec des goûts bizarroïdes et une couleur parfois douteuse !
De retour sur le continent, nous atteignons le point le plus au sud de notre voyage avec la découverte du parc de Krka. Pour la première fois en Croatie, nous trouvons de la verdure, et quelle verdure, une végétation luxuriante au bord de la rivière Krka avec une multitude de cascades. Le lieu est féérique ! Nous déambulons sur les pontons en bois pour découvrir ce site naturel toutefois bien aménagé. Nous clôturons cette belle journée par une baignade au pied de la cascade la plus impressionnante.











Il n’est pas rare en Croatie de rencontrer sur les bords de route un cochon grillé tournant autour de sa broche. Lorsque l’occasion s’est présentée, nous avons goûté à cette spécialité du coin. Verdict, ca n’égale pas l’asado argentin !


Pour la suite du voyage, nous avons plusieurs idées en tête : poursuivre vers le sud jusqu’à Athènes voire Istanbul ou alors remonter vers Budapest. La chaleur et l’incertitude des transports pour le retour nous font pencher pour la seconde option. La route la plus directe passe par la Bosnie-Herzégovine. L’idée de découvrir un nouveau pays nous réjouit. Alors que nous sommes à une demi-journée de vélo de la frontière, un rapide coup d’oeil sur internet pour nous informer de la situation sanitaire nous stoppe net. La frontière est encore fermée aux membres de l’UE. Nous remontons donc en restant côté croate. L’arrière-pays nous donne à voir un tout autre visage de la Croatie, loin des villes touristiques du littoral. Nous traversons une région complètement laissée à l’abandon. Les maisons tombent en ruine, des villages entiers sont désertés, les commerces sont rares. Nous comprendrons un peu plus tard, que cette partie du pays était autrefois habitée par des familles serbes qui ont fuit pendant les guerres d’ex-Yougoslavie entre 1991 et 1995.
A peine plus au nord, nous roulons sur un axe très peu circulé, et pourtant, nous croisons beaucoup de véhicules de police. Le soir venu, alors que nous avons trouvé un lieu de bivouac non visible depuis la route, une voiture de police vient à notre rencontre. Nous ne sommes pas très rassurés, le camping sauvage est interdit même si assez bien toléré dans les zones non touristiques… Les policiers nous donnent leur accord pour le bivouac mais nous expliquent qu’ils font des rondes en raison des migrants qui tentent de traverser la frontière depuis la Bosnie. La voilà l’explication à cette impressionnante présence policière !




Nous faisons étape au parc national de Plitvice, une successsion d’une dizaine de lacs reliés par pas moins de 92 cascades ! Quand la plupart des visiteurs prennent le bus pour rejoindre les lacs supérieurs, nous choisissons un itinéraire de randonnée hors des sentiers battus. Nous prenons de la hauteur mais restons sur notre faim avec peu de points de vue sur les chutes d’eau. Nous rejoignons finalement les pontons en bois qui zigzaguent entre les lacs et les différentes cascades dans une végétation luxuriante. L’eau est incroyablement limpide, c’est magnifique ! En somme, une bien belle journée avant de reprendre la route en direction de la capitale.











A la recherche d’un endroit où planter la tente, nous finissons par dénicher un coin de verdure au bord d’une rivière. Le lieu est occupé par une bande de copains, la quarantaine bien tassée, finissant joyeusement le week-end. Ils nous offrent un coup à boire avant que l’on s’écroule de fatigue après cette longue journée.
Nous rejoignons Zagreb sans difficulté, avec ses 800 000 habitants, c’est une capitale à taille humaine. Une fois n’est pas coutume, nous avons dégoté un airbnb nous permettant de rejoindre le centre à pied. Nous débutons par une visite guidée en anglais de la vieille ville perchée sur une colline. Bien sympathique, notre jeune guide qui a toujours vécu à Zagreb nous raconte l’histoire de la ville à travers de nombreuses anecdotes rendant la visite passionnante. Mais après plus de deux heures, difficile pour Fabien de rester concentré en plein cagnard et dans la langue de Shakespeare.











Nous profitons d’une pause bien méritée dans un restaurant où nous ressortirons un peu déçus avant de partir à l’assaut de la ville basse et de ses parcs ombragés.



En fin d’après-midi, nous faisons un tout autre genre de visite, celle des magasins de vélo. Premier problème mécanique, Fabien roule avec un pneu déchiré depuis presque 300 km. Après plusieurs boutiques, nous parvenons à mettre la main sur la rolls du voyageur, un Schwalbe marathon.


Pour le diner, nous retentons notre chance dans un restaurant servant une spécialité locale : les struckli, une sorte de pâte à lasagne fourrée au fromage et gratinée. Ce n’était pas mauvais mais assez fade. Décidément, nous ne garderons pas un souvenir intarissable de la cuisine croate ! En revanche, nous quittons le pays avec de belles images plein la tête… des paysages de bord de mer somptueux, une nature toujours aussi impressionnante et quelques rencontres bien sympathiques !




Excellent !! merci pour ces nouvelles ! Les photos sont magnifiques, ça donne envie 😉
On est content que vous puissiez profiter encore malgré les restrictions sanitaire qui font leur retour… On pense souvent à vous ! Gros bisous de Clermont-Ferrand
J’aimeJ’aime
Quel voyage ! Vous avalez les kms…. Combien aux compteurs ?
Les paysages traversés sont variés et les photos toujours aussi belles.
Bises
Brigitte
J’aimeJ’aime
Super vos photos ! On suit votre périple sur les routes d’Europe avec plaisir ! Un dépaysement plus local mais apparemment, des beaux paysages, des superbes bivouacs, de la bonne bouffe (mais pas de facturas ni dulce de leche !^^) et de l’aventure ! Comme quoi, sur les routes européennes, on peut aussi déchirer un pneu ! En tout cas, vous nous faites voyager, et ça fait du bien en ces temps contrariés ! Pédalez bien et bonne route !
J’aimeJ’aime