De la route des 7 lacs au confinement

Ces dernières semaines, nous avons suivi de près la situation en France mais aussi localement où les autorités ont pris des mesures assez drastiques sans attendre l’explosion du nombre de cas comme en Europe. Aujourd’hui, sachez que l’esprit n’est plus au voyage et que nous pensons bien à vous, famille, copains et collègues dans ces moments difficiles et anxiogènes. Cependant, en ce début de période de confinement, vous avez été nombreux à nous pousser à continuer de vous faire voyager, voici donc les aventures de nos derniers jours en Argentine jusqu’à l’arrêt forcé de notre périple…


Nous avons exploré les environs de Bariloche, bien plus sympas que la ville en elle-même avec ses faux airs helvètes… Nous nous attaquons au circuito Chico, une boucle de 27 km à travers la péninsule de Llao-Llao à l’ouest de Bariloche. Nous passons par la Colonia suiza, héritage de l’immigration suisse devenue aujourd’hui un lieu touristique avec des petits chalets en bois proposant bières artisanales et souvenirs. Mais les échoppes sont fermées et le village étrangement désert. Effet coronavirus ou lundi matin ? Nous penchons pour la seconde option, la saison touristique touchant à sa fin et la population locale étant peu matinale.

Nous reprenons notre route et posons les vélos pour monter au cerro Campanario où nous retrouvons la foule au sommet. Nous profitons d’une incroyable vue sur le lac Nahuel Huapi !

Nous retournous vers le centre ville quand nous sommes interpellés par un cycliste en vélo de route. Il s’agit de Miguel, un argentin passionné de vélo installé à Bariloche. Il nous propose de passer chez lui afin de nous donner des conseils sur les routes suite à nos changements de plan avec la fermeture des frontières. Derrière sa maison, nous découvrons son atelier où il fabrique ses propres cadres et un véritable musée où se trouve des copies de vélos très anciens, un travail de longue haleine pour récupérer toutes les pièces d’origine !

Après cette rencontre fort sympathique, nous décidons cette fois-ci de reprendre la route. Nous repassons une dernière fois dans le centre partager une pizza avec Jan qui a pris, non sans difficulté, la décision d’écourter son voyage d’un mois et de rentrer aux Pays-Bas.

Nous sommes finalement heureux de quitter Bariloche et de nous éloigner de l’agitation urbaine. Pourtant, exit la légèreté et l’insouciance de nos pérégrinations passées, le coronavirus tourne en boucle dans nos esprits. Les longues heures sur le vélo sont propices à la réflexion : a-t-on pris la bonne décision de continuer notre chemin ?


Nous découvrons un nouveau visage de la route 40, plus sauvage, encadrée de montagnes et d’une multitude de lacs. La route des 7 lacs porte bien son nom ! Les paysages sont splendides et nous profitons avec délice de cette route à la circulation moins dense.

Peu avant Villa Angostura, nous faisons face à un premier barrage de police. Seuls les résidents sont autorisés à passer, nous devons donc faire demi-tour, soit 70 bornes pour rejoindre à Bariloche. Il est 18h, nous prenons le temps de réfléchir à la suite des événements. Finalement, le policier en chef nous propose de monter dans le pick-up avec les vélos et de nous déposer au nord de la ville afin de nous permettre de continuer notre route vers le nord. Hébétés, nous acceptons cette drôle de proposition.

Après un très beau bivouac au bord du lago Espejo, nous approchons doucement de San Martin de los Andes. Nos provisions s’amenuisent, il nous faudra bientôt faire des courses tout en sachant que nous allons faire face à un nouveau contrôle policier. Cette fois-ci, c’est la gendarmerie qui nous arrête 25 km avant San Martin. Jonathan, un militaire sûrement plus jeune que nous et qui a appris le français en prévision d’une mission à l’ONU, nous questionne. Le contrôle est plus strict que la veille puisqu’il nous demande (sans surprise) à consulter nos passeports. Oups, ayant transités au Chili, pays nouvellement ajouté par les autorités argentines dans les zones à risques, nous devons respecter la mise en quarantaine de 14 jours. A ce moment là, il nous reste seulement 4 jours à effectuer. Avec l’aide de Jonathan, nous contactons un français dans le même cas que nous, séjournant dans une cabaña à quelques kilomètres de là. En réalité, pour ce dernier, son confinement est choisi : c’est un écrivain qui profite de l’isolement des montagnes propice à l’écriture. Le soir-même, le président argentin annonce le confinement total de la population.

Allez on garde le sourire !

Dans notre « malheur », nous avons beaucoup de chance d’avoir trouvé un logement dans un cadre idyllique avec tout le confort nécessaire, sans être cloitrés dans une miniscule chambre d’hôtel à San Martin de los Andes, comme le sont certains. C’est donc ici que notre voyage est mis en pause… Rassurez-vous, nous sommes en pleine forme, mais il nous faut maintenant réfléchir calmement à la suite de l’aventure : rester confinés un temps ici (ce qui nous a été conseillé par Jonathan venu nous rendre visite aujourd’hui) ou tenter de rentrer en France avec l’aide de l’ambassade. La décision est loin d’être évidente à prendre et nous changeons contamment de position en fonction de l’état d’esprit du moment.

En espérant vous avoir changé un tant soit peu les idées, nous pensons bien à vous en cette période très particulière, courage à tous !

5 commentaires sur “De la route des 7 lacs au confinement

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  1. C’est sûr qu’un minable petit virus invisible à l’œil nu qui vous met la planète « cul par dessus tête » en moins de 2, c’est rageant et déstabilisant quand il faut choisir sa route ! Quoique vous décidiez, merci pour ces beaux moments partagés à distance.

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  2. Bonjour Marine et Fabien, merci beaucoup d’avoir continué à écrire dans ces circonstances. C’est affreux, ce qui se passe, et je suis tellement désolé pour vous que vous soyez obligés de rester confinés au cocon quand vous aviez hâte de continuer votre périple après tant de planification. C’est tellement triste et décevant, et je pense très fort à vous deux dans cette situation. Continuez à écrire. Cela fait beaucoup de bien. Avec toutes mes amitiés en cette période inquiétante. Henry

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  3. C’est bien sûr un crève-cœur, un choix difficile de décider de mettre fin à cette belle aventure mais ce que vous avez pu emmagasiner en terme de sites magnifiques, de rencontres enrichissantes est acquis. Merci en tout cas de nous faire partager votre voyage qui plus est dans une situation française très contraignante.
    A bientôt et bonne route quelle qu’elle soit .
    Didier du CAF Mâcon

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  4. Un petit clin d’œil 😉 à Fabien pour lui souhaiter un joyeux anniversaire 🎂
    Bon retour à vous deux.
    Bisous de toute la famille 😘❤️
    Monique et Gil
    Claire, Pierre-Yves et Matthieu

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