En selle pour un nouveau départ !

Après avoir profité des environs grenoblois puis lézardé sur les falaises ensoleillées des baronnies provençales, il était grand temps de reprendre la route. Suivant la réouverture des frontières, le départ est donné le dimanche 21 juin, à défaut de fête de la musique.

Cette fois-ci, pas d’avion ni de train, nous repartons directement à bicyclette de Soleymieux. Quel plaisir de retrouver ce sentiment de liberté inhérent au voyage itinérant, d’autant plus appréciable après cette période de confinement !

A défaut des Andes, nous entamons une traversée des Alpes du lac Léman à la côte adriatique. Pour rejoindre Genève, nous empruntons l’itinéraire cyclable de la via Rhôna sur près de 200 km. Sur la route, une halte à Pérouges nous permet de découvrir cette cité médiévale. Au pied du Grand Colombier, nous plantons la tente sur une belle pelouse verdoyante… Grave erreur, l’arrosage nous réveille à 1h et la tondeuse automatique finit de nous lever à 5h. La prochaine fois, se méfier à la vue d’un gazon si attrayant !

A travers les Alpes suisses

Après deux jours et demi de pédalage, nous atteignons Genève. Les bords du lac Léman sont splendides mais la circulation assez dense rend le vélo moins agréable. Nous poursuivons notre chemin dans la vallée de Martigny au milieu des abricots, pas tout à fait mûrs, à notre plus grand regret !

Enfin, nous prenons de l’altitude avec nos premiers cols : le Nufenen qui culmine à 2478 m d’altitude puis le célèbre Saint-Gothard et sa magnifique route pavée. C’est d’ailleurs ici-même que le Rhône prend sa source, tout comme le Rhin.

Les vallées suisses n’ont rien à envier à la Patagonie chilienne et nous offrent de superbes spots de bivouac. Nous apercevons de temps à autre, la voie de chemin de fer qui traverse des paysages absolument incroyables ! On peine à croire qu’il soit possible de se rendre en train au cœur des montagnes. Des belles voitures, des jardins impeccables, des toilettes d’une propreté irréprochable, des poubelles même dans les endroits les plus reculés, pas de doute, nous sommes bien en Suisse !

Nous poursuivons notre périple par la vallée de l’Albula et son col éponyme dont l’ascension est ponctuée de quelques pauses dictées par les averses. C’est pour l’instant la seule journée où nous devrons composer avec la pluie. Cependant, les averses orageuses de fin de journée sont monnaies courantes et compliquent quelque peu la logistique des bivouacs.

C’est avec la magnifique vue sur les glaciers du massif de la Bernina que nous parcourons les derniers kilomètres nous séparant de la frontière italienne. Le rendez-vous est pris, nous reviendrons un été avec le matos d’alpi !

Au coeur des Alpes italiennes

Nous passons la frontière au Forcola di Livigno. Nous profitons de cette zone détaxée pour faire le plein… de chocolats et d’essence pour notre réchaud ! Sans tarder, nous régalons nos papilles avec les nombreuses spécialités italiennes que nous connaissons. Les pizzas remplacent le casse-croûte du midi et les glaces artisanales (ou pas) sont légion à la pause du goûter. En revanche, on ressent que le pays a été très touché par le coronavirus. Ici, le port obligatoire du masque dans les magasins et les transports est strictement respecté, et les prises de température fréquentes. Marine s’est même faite agresser par une bonne femme après avoir pris des fruits sans gants.

Côté vélo, on enchaine les cols dont le fameux Stelvio avec ses 2757m d’altitude et ses 40 lacets sur chacun de ses versants. La descente versant Tyrol est très impressionnante et nous passons très rapidement des glaciers aux pommiers. Lors d’un bivouac au pied du Stelvio, nous faisons la rencontre de Marco, un policier suisse à la retraite, qui nous invite à boire un cappuccino dans son camping-car. Persuadée que le vélo de Marine était équipé d’un moteur, sa femme n’en croyant pas ses yeux, n’a pas résisté à l’envie de tâter ses cuisses !

Bientôt les Dolomites s’offrent à nous où les paysages plus rocailleux sont superbes. Nous passons une nuit à Cortina d’Ampezzo où nous profitons d’un camping bien équipé pour repartir tout propre vers nos derniers sommets de la traversée.

Nous finissons en beauté avec l’ascension très raide des Tre Cime di Lavaredo. Rassurez-vous nous sommes restés au pied pour admirer l’impressionnante face nord de la Cima grande. Nous faisons ici notre plus haut bivouac et certainement l’un des plus jolis. Pour la première fois depuis notre nouveau départ, nous posons nos vélos pour une randonnée qui fait le tour des trois cimes avant de rejoindre la mer et la ville des amoureux.

A la découverte de Venise

C’est donc avec quelques jours dans cette ville sur l’eau que nous clôturons en beauté cette traversée des Alpes. Nous étions déjà tous les deux passés à Venise auparavant, mais cette fois-ci c’est sans conteste dans un contexte bien particulier que nous avons redécouvert cette cité d’ordinaire très touristique.

Sans difficulté, nous avons trouvé un appartement à louer dans le centre ville de Mestre, à 10 min en bus de Venise. Le premier jour c’est à pied que nous partons à la découverte des inombrables ruelles, à déambuler au hasard de nos envies. Nous passons par le pont du Rialto qui traverse le grand canal avant de nous rendre sur la célébrissime place Saint-Marc autour de laquelle se dressent la basilique et le palais des Doges. Malheureusement, nous ne pourrons visiter ce qui fut la résidence des maitres de Venise et une ancienne prison, ouverte seulement en fin de semaine. Ce qui est exceptionnel ! De même, la basilique Saint-Marc est fermée temporairement pour des travaux d’entretien. Nous parvenons tout de même à admirer ses magnifiques mosaïques dorées depuis son musée. Si nous échappons à la foule habituelle de touristes, certains édifices majeurs ne sont pas accessibles… Le revers de la médaille de cette période post-covid !

Un autre pont emblématique de Venise, le pont des Soupirs, entièrement cloisonné qui permettait de relier la prison du palais des Doges au tribunal. Lorsque les prisonniers le traversaient, c’était la dernière fois qu’ils voyaient Venise avant d’être enfermés.

Le lendemain, nous sommes partis à la découverte des îles de la lagune en vaporetto. Tel un véritable réseau de bus, c’est un moyen de transport utilisé au quotidien par les Vénitiens. Une première escale nous mène sur l’île de Murano, bien connue pour ses souffleurs de verres. Nous admirons avec beaucoup d’intérêt le travail de soufflage dans l’un des quelques ateliers restés ouverts en cette période.

Nous poursuivons avec la découverte de l’île de Burano où de magnifiques maisons colorées bordent les canaux de ce village de pêcheurs. On s’imprègne des lieux en déambulant au hasard des ruelles de cette île aux couleurs arc-en-ciel. Pour clôturer la journée en beauté, après une erreur de ligne, nous empruntons le vaporetto qui traverse Venise par le grand canal. Certes, c’est moins romantique que la balade en gondole, mais tout aussi sympa de découvrir le coeur de Venise depuis les eaux !

Après cette première partie de voyage montagneuse et une chouette parenthèse à Venise, cap sur la côte ! La suite au prochain épisode…


Petit rappel : vous pouvez suivre l’ensemble de nos étapes au jour le jour, sur la carte dans le menu « Où sommes-nous ». A tout bientôt !

6 commentaires sur “En selle pour un nouveau départ !

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  1. Super chouette de vous retrouver ! Déambulations certes moins exotiques, mais un régal de vous suivre sur les hauteurs et de vous lire. Vivement la suite …

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  2. Je suis ravi que vous recommenciez votre voyage, même si c’est dans une autre direction! Merci beaucoup pour toutes les belles photos ! C’est gentil de continuer à nous faire voyager ! Henry

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  3. reportage très intéressant entre les magnifiques photos et les commentaires très bien écrits !! c’est presque comme si on voyageait avec vous …
    Bonne continuation
    bisous

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  4. Génial de vous retrouver pour la suite de vos aventures ! C’est super d’avoir repris la route à vélo ! Vous nous régaler de beaux paysages et de bivouacs spectaculaires tout près de nous, pas besoin d’aller bien loin ! Bonne escapade !

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